Les sept morceaux qui composent ce disque montrent, en premier lieu, les capacités de Laurent Robino en tant que compositeur et arrangeur. L’auditeur écoutera différents tempos, rythmes et structures mais percevra toujours l’idée mélodique qui est un des éléments principaux de cet enregistrement; maintenant si la mélodie est importante, la manière de l’exposer l’est tout autant: un des éléments les plus brillants de ce disque c’est que les arrangements créés par Robino lui permette d’exploiter toutes les possiblités sonores des quatres instruments à vents (trompette/bugle, trombone saxophone alto et ténor) ainsi que les différentes techniques de voix qui constituent un complément indispensable à la pertinence des mélodies de cet album.
Le travail de composition et d’arrangement n’éclipse pas les solos improvisés qui occupent une bonne partie de la musique que l’on écoute dans cet enregistrement; dans ce domaine, chaque soliste développe un langage propre venant en général de l’esthétique hard bop mais avec une ouverture sur le lyrisme et le développement mélodique. Les solistes sont accompagnés par une section rythmique solide et éfficace, qui fait que les morceaux “swinguent” sans pour autant perdre un espace de subtilité, de propositions harmoniques avec des accords, des couleurs et des figures rythmiques qui viennent enrichir l’ensemble.
Ce projet allie deux générations d’interprètes de la musique jazz: d’un côté, trois musiciens avec une longue carrière derrière eux (Jacky Berecochea, Alex Golino et Javier Juanco) et de l’autre, quatres jeunes (Laurent Robino, Baptiste Techer, Chuchi García et Unai Olabarri) qui cherchent leur espace dans un monde où la tâche reste toujours aussi ardue et difficle.




